portrait d´acteur Rêve-t-on toujours de ses Andes natales lorsque l’on côtoie les sommets de la gastronomie française ? La question vaut d’être posée au chef chilien du restaurant de l’hôtel de la Cité royale de Loches, la Cour des Saveurs. C’est en famille qu’il a quitté Santiago du Chili et son restaurant pour se réinventer sur les meilleurs pianos hexagonaux et se former aux standards de notre gastronomie. Le voici aujourd’hui à la tête de la brigade de la Cour des Saveurs au terme de douze années de parcours professionnel qui l’ont conduit d’hôtels cinq étoiles en maisons étoilées, dont celle de Christian Têtedoie qui l’a toujours accueilli dans ses cuisines. « Il m’a fallu tout relancer en arrivant à Loches il y a un an et, avant tout, reconstituer une brigade, explique-t-il. Aujourd’hui ça tourne bien, je peux compter sur mon équipe : elle est carrée et ouverte à la nouveauté. » Son cheval de bataille : une cuisine innovante et respectueuse de l’environnement. Racines familiales C’est auprès de son grand-père et de son père qui faisaient commerce de légumes et de charcuteries que se créent ses premiers repères alimentaires et que s’imprègnent en lui les odeurs et l’atmosphère sonore des marchés de son pays natal. « Ma famille était installée à Santiago, entre le secteur aisé au nord et celui des classes populaires au sud. J’ai grandi au milieu des produits et j’ai commencé à travailler sur les approvisionnements. » Et puis, l’ancien propriétaire d’un bistro le pousse à se lancer en cuisine. Devenu père de trois enfants, Jorge Bustamante Cerda ouvre alors avec son frère son propre établissement tout en passant par « l’école de cuisine française » créée à Santiago du Chili par Alain Nonnet, fondateur de La Cognette à Issoudun. Le Covid mettra fin à cette aventure fructueuse. Qu’à cela ne tienne, ce curieux à l’âme d’entrepreneur se lance dans la boulangerie et le brassage de bière ! Il rouvrira ensuite un nouveau restaurant qui marie les influences des deux Amériques, Nord et Sud. Autodidacte & curieux L’appel de la gastronomie française étant le plus puissant, il place son établissement en gérance et traverse l’Atlantique avec femme et enfants pour aller se frotter à l’univers des tables étoilées. « Je suis reparti de zéro comme stagiaire pendant un an dans une jeune équipe chez Christian Têtedoie à Lyon. » Le voici ensuite propulsé chef de partie au Sofitel Lyon Bellecour – « une grande maison d’apprentissage » –, puis, deux ans plus tard au Marriott à Paris. Cet homme est un tourbillon qui en plus accumule les savoirs en cours de route : il a notamment décroché un master en innovation culinaire à l’Institut Lyfe (ex-Paul Bocuse) et, au moment où nous l’avons rencontré, il mettait un point final à sa thèse de master sur « le leadership durable au cœur de la gastronomie » (Université Haaga-Helia, Helsinki). Mais c’est bien le chef qui vous invite à goûter sa proposition culinaire Loire-Andes qui « marie l’élégance et la richesse du terroir local mêlées à mes racines chiliennes ». Rédaction : Patrick Château Quand la cuisine des Andes rencontre les saveurs du Sud Touraine, cela ouvre l’imagination et tout particulièrement celle du chef Jorge Bustamante Cerda venu de Santiago du Chili. C’est à l’hôtel de la Cité royale à Loches qu’il applique son savoir-faire mariant démarche durable et innovation. Jorge Bustamante Cerda, chef chilien et lochois gourmand agir ensemble en commun • automne 2026 13
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