journal en commun - AUTOMNE 2026 / N°16

cap commun Santé : tous sur le pont ! En ruralité, l’offre de santé participe grandement à la décision de s’installer – ou non – dans une commune. Quand les médecins sont là, tout va. Quand il n’y en a pas – ou plus –, tout se complique. C’est le cas dans le Montrésorois, où les 5 000 habitants du secteur ne disposent plus de médecin généraliste à temps plein depuis le départ à la retraite d’un médecin à Genillé fin septembre. « Seul un médecin consulte encore une journée par semaine dans notre maison de santé qui accueille aussi des kinés, des infirmiers, un ostéopathe et une psychologue. Nous avons aussi un dentiste dans un cabinet séparé », détaille Catherine Merlet, la maire de cette commune, la plus peuplée du canton. Alors avec son équipe municipale, elle s’active auprès de son réseau d’élus et d’institutions pour faire revenir des praticiens. « Nous avons sollicité un docteur junior* mais la démarche n’a pas abouti, nous prospectons aussi du côté de futurs ex-médecins de l’Armée de Terre et sommes engagés dans le projet « village en santé » avec l’ensemble des communes du Montrésorois. » En attendant, Madame la Maire se veut optimiste : « nous avons un local médical disponible, alors dans l’immédiat, j’ai bon espoir de pouvoir accueillir un médecin remplaçant et puis, c’est une certitude, une pédiatre exercera une journée par semaine à partir de début novembre ». Pour accueillir d’autres praticiens, la mairie projette de racheter un bâtiment situé près de la maison de santé, « je crois beaucoup à la dynamique positive qui peut se créer autour d’un collectif étoffé de professionnels, c’est ce que nous essayons aussi d’impulser en mairie avec la création d’une commission dédiée aux questions de santé ouverte aux praticiens ». Plus attractif qu’ailleurs Si les bassins de vie de Montrésor et de Descartes sont classés en ZIP (Zones d’Intervention Prioritaire), ils sont une exception en Sud Touraine où la démographie médicale est moins en difficulté qu’ailleurs en Centre-Val de Loire. Le territoire peut s’appuyer sur le Réseau Santé du Sud Lochois** qui mène un travail continu en faveur de l’attractivité médicale et, en particulier, de l’accueil de jeunes étudiants et professionnels : « la première promotion de docteurs juniors arrive en novembre, 5 sont affectés en Indre-et-Loire dont 3 en Sud Touraine ; par ailleurs, une douzaine d’internes exercent en libéral, auprès de médecins maîtres de stage, sans compter les internes du Centre Hospitalier », rapporte Maxime Beulé, le directeur du Réseau. Il faut dire que le Sud Touraine bénéficie de la proximité des facultés de médecine et d’odontologie de Tours, vivier de futurs praticiens que le territoire tente de séduire aussi à travers des soirées d’accueil et des journées de cohésion, organisées par le Réseau, en partenariat avec le Centre Hospitalier et les professionnels. L’hôpital est considéré ici comme un atout vital en même temps qu’un argument de poids : il a par exemple favorisé l’installation d’ophtalmologues à Saint-Flovier, dans une maison de santé agrandie. Un équipement propulsé et financé par la Communauté de Communes Loches Sud Touraine, dont l’une des missions est de créer des conditions d’accueil favorables aux professionnels de santé. « Nous avons une connaissance du terrain qui nous permet de cibler des locaux disponibles dans des communes ; nous pouvons également orienter les conjoints de ces professionnels vers des entreprises qui recrutent », détaille Julien Bonsens, responsable du service développement économique. Une aide spécifique à l’investissement (qui s’ajoute à d’autres subventions de la CPAM) peut aussi être débloquée pour encourager l’implantation de ces professionnels indispensables à la bonne santé d’un territoire. Grâce au travail partenarial que Loches Sud Touraine a impulsé, un cardiologue et des dentistes devraient intégrer dans les mois qui viennent un futur pôle de santé à Tauxigny-Saint-Bauld, qui sera complémentaire de la Maison de Santé Pluridisciplinaire de Cormery toute proche. En matière d’offre médicale comme en matière d’attractivité économique, l’ordonnance tient en une posologie toute simple : le nombre appelle le nombre. * Le docteur junior est un médecin en fin de formation qui exerce 4 jours par semaine aux côtés d’un médecin agréé Maitre de stage universitaire (MSU). ** Réseau Santé du Sud Lochois : nouvelle dénomination de la CPTS du Sud Lochois, qui coordonne et connecte les professionnels de santé (plus de 200) exerçant sur le territoire. Ce Réseau gère aussi la Maison Territoriale Sport Santé, la Maison Médicale de garde du Centre Hospitalier de Loches, ainsi qu’un futur Centre d’Éducation Thérapeutique. La Communauté de Communes Loches Sud Touraine adhère depuis peu à ce Réseau pour renforcer la démarche de coopération. Au moment de boucler ce journal, début octobre, la Maison de Santé de Saint-Flovier accueillait 3 internes. Ici, la docteur Claire Bruneau et l'interne, Pierre Charloup. 6 Loches Sud Touraine porte, soutient et accompagne une multitude de projets. La preuve par l’exemple. engagés La première promotion de docteurs juniors arrive en novembre, 5 sont affectés en Indre-et-Loire dont 3 en Sud Touraine. Avec une soixantaine de médecins généralistes recensés l’an dernier en Sud Touraine, les habitants du territoire bénéficient, globalement, d’une offre plus dense que dans l’ensemble de la région Centre-Val de Loire. Pour maintenir et accroître encore cette présence médicale, professionnels, associations et collectivités s’activent ensemble, sans relâche.

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