Ensemble ��� ��������� ��� ���� �������� � , La coopération au service de la transition Face à des enjeux climatiques et économiques difficiles, les adhérents de la CUMA du Pont de Saulay à Orbigny ont souhaité développer des échanges et conforter leurs exploitations. Ils se sont constitués il y a quelques années en Groupement d'intérêt économique et Environnemental (GIEE), une reconnaissance de l'Etat qui permet de tester des modes de production plus écologiques mais aussi plus performants. Ainsi, le GIEE travaille sur l’autonomie alimentaire en protéines des élevages en produisant des fourrages diversifiés riches en légumineuses afin de réduire les achats de tourteaux et augmenter la fertilité des sols. Plus précisément, le groupe étudie le choix des semences de prairies, le semis direct, la réduction du travail du sol et l’optimisation de l’épandage d’effluents d’élevage. Frédéric Cadieu, agriculteur à Charnizay et président de la CUMA l'Arc en Ciel. terre commune 18 Aménager, entretenir et préserver notre ruralité. « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » : c’est en suivant cette logique qu’en Sud Touraine, plusieurs agriculteurs, maraîchers et éleveurs, mettent leurs forces en commun en mutualisant matériel, main-d’œuvre ou outils de transformation. Virus, conflits, intempéries et, cet été, canicules en cascade : de crises internationales en calamités climatiques, rien n’a été épargné aux agriculteurs ces derniers mois. « On a fini la moisson le 14 juillet ; sept jours plus tard, on commençait l’ensilage des maïs », témoigne Frédéric Cadieu, qui élève à Charnizay, avec ses deux associés, une centaine de génisses laitières, plus de 400 chèvres et 120 chevrettes, nourries en grande partie avec les céréales et l’herbe produites sur ses 165 ha. Mais de l’herbe il risque d’en manquer pour cause d’été brûlant, et déjà des questions se posent sur des modèles à faire évoluer au cours des prochaines années. « Pourra-t-on continuer à faire du maïs ? », s’interroge à haute voix Frédéric Cadieu, convaincu depuis des lustres que pour encaisser les turbulences du monde et d’un secteur sur la corde raide, mieux vaut se regrouper que rester dans son coin, coopérer plutôt qu’avancer tête baissée. « On sait que dans un contexte compliqué, la mutualisation est une des clés pour être résilient », le rejoint Sophie Levasseur, chargée de mission agriculture et alimentation à Loches Sud Touraine, un territoire où les acteurs appliquent ce précepte de façon concrète. Dynamique cumiste Depuis 2013, Frédéric Cadieu préside à la destinée de la CUMA* L’Arc-en-Ciel, à Charnizay. Pas vraiment un rassemblement de doux rêveurs, mais une coopérative d’agriculteurs pragmatiques qui ont décidé, depuis les années 80, d’acheter du matériel à plusieurs puis de se le partager. Une cinquantaine d’adhérents souscrivant des parts sociales décident ensemble d’un investissement collectif à réaliser, puis ils s’organisent pour se le partager. Aujourd’hui, la CUMA possède en son nom près de 80 références, parmi lesquelles des tracteurs ou des téléscopiques, dont le coût a grimpé en flèche ces dernières années. « Un tracteur coûtait 150 000 € il y a 5 ans. Maintenant, c’est 200 000 € », explique Frédéric Cadieu, qui promeut avec enthousiasme la « dynamique cumiste ». « Les CUMA ont maintenu l’élevage en Sud Touraine. Grâce à elles, nos structures d’élevage ont été modernisées », exprime-t-il, persuadé que ces terres à « faible potentiel » exploitées ici obligent celles et ceux qui les travaillent à être inventifs et à « s’entraider ». Car autant que du matériel, les paysans qui adhèrent à une CUMA partagent « leur expérience ». « En cas de coup dur, on mutualise aussi l’entraide ; on ne se laisse pas tomber. » Les adhérents développent ainsi, ensemble, des projets vertueux. « On a par exemple installé des panneaux photovoltaïques sur le toit de nos deux hangars ; un logiciel de réservation des matériels facilite l’organisation des chantiers et permet à chacun de s’organiser sur son exploitation. » Évidemment, ce fonctionnement demande un peu d’investissement humain : Frédéric Cadieu consacre entre un et deux jours par semaine au réseau des CUMA. « C’est une histoire de personnes, il faut mettre les ego de côté », indique-t-il. Les CUMA seraient-elles indispensables au monde agricole ? « Non, mais sans CUMA, la conjoncture vous rattrapera un jour », prévient Frédéric Cadieu. Par ailleurs secrétaire général adjoint de la Fédération Nationale des CUMA, il constate que les jeunes générations en agriculture sont peut-être moins portées vers des systèmes coopératifs. « Il y a encore 20 ou 30 ans, on reprenait la ferme des parents qui venaient donner le coup de main. Aujourd’hui on bosse plus souvent seul, mais on est obligé de s’agrandir, on monte en grande culture, on surmécanise ; c’est là que ça peut devenir compliqué. Dans ce contexte, je suis convaincu que la mutualisation reste la source de solutions pour demain. Plus on sera solidaires, mieux on sera structurés. » *Coopérative d'Utilisation de Matériel Agricole
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